Pinou & chaton forever...

Mon pinou et moi nous sommes connu sur le net. On dit que l'hasard fait bien les choses mais moi je pense que c'est plutôt le destin. On a papoté pendant quelques mois jusqu'à ce qu'il se décide à venir me voir sur mon île, (en fait, j'habite une île qui se trouve dans l'Océan Indien et qui a pour nom Madagascar, eh non ce n'est pas seulement un dessin animé!). Il est donc venu de France en avion, au mois de juin 2013 et inutile de vous dire que j'étais toute excitée à l'idée de pouvoir enfin le voir en chair et en os! Lui aussi, m'avouera plus tard, qu'il était très content et impatient de me voir car depuis le début il y a eu entre nous une forte connexion. Moi j'avais craqué pour ses yeux, son regard intense à la star d'Hollywood  et il paraît que la première chose qui l'avait attiré en moi, à part ma beauté bien entendu, c'était ma joie de vivre.
J'étais donc là, à l'attendre avec ma mère et mon papi, chez qui mon doux et tendre allait dormir, car dans mon pays il est mal vu, qu'un homme vienne dormir chez la femme s'ils sont pas mariés ou du moins fiancés.
Il étais très tard, presque minuit et son avion avait une heure de retard, mais qu'importe, j'étais contente d'être là et pour rien au monde j'aurais voulu être ailleurs. Quand il est enfin arrivé, je l'ai aperçu au loin et je l'ai tout de suite reconnu parmi la foule immense, il était bien là, cet homme avec qui j'avais partagé mille et une choses mais avec qui il me restait encore tant à découvrir. Après un bisou très discret, oui je sais ce que vous allez penser, que après tout ce temps à attendre, qu'on aurais pu s'embrasser plus passionnément, c'est pas qu'on avais pas envie, bien sûr qu'on mourait de pouvoir le faire, mais d'une, il y avait ma famille et surtout, dans mon pays il est mal vu de s'afficher en public.
On est donc rentré chez mon papi et sur le voyage de retour je me souviens encore de sa main qui tenais la mienne et j'aurais presque voulu que le trajet en voiture s'éternise pour pouvoir goûter et apprécier d'avantage ce moment si magique. Quand on est arrivé, après les présentations d'usage et une prière de ma mamie (ah oui c'est vrai j'allais oublier, dans ma famille on est très religieux), on est donc parti se coucher, mais avant, je suis allée dans sa chambre lui souhaiter bonne nuit et on s'est embrassé pour la toute première fois, j'étais aux anges, je suis allée me coucher la tête dans les étoiles et j'ai pratiquement pas réussi à fermer l’œil de toute la nuit.
Le lendemain on s'est levé de bonne heure, malgré la fatigue on avait envie tous les deux de profiter au mieux de son séjour, on est donc parti se balader dans les rues d'Antananarivo (Tana pour les intimes). Je ne cessais de questionner ses yeux et son regard et j'essayais d'imaginer ses pensées. Après tout, il venait d'un monde si loin du mien. Ici les rues sont sales, pleines de nids de poule, les trottoirs, si on peux encore les appeler ainsi, pleins de marchands qui arrivent de toutes les régions du pays pour vendre leurs fruits, légumes ou toutes sortes de marchandises; les mendiants, dont beaucoup sont des enfants qui essayent de chipoter une banane ou un billet d'argent, le bruit et la pollution des vieilles voitures, rien de comparable avec le monde occidental dont il était originaire, et pourtant dans ses yeux je voyais de l'émerveillement, de la curiosité, pas de la compassion facile et gratuite que la plupart des étrangers peuvent avoir en découvrant un pays du tiers-monde pour la toute première fois, non, rien de tout ça chez lui, il n'essayait que de voir et retenir le coté positif de tout cela, que les gens de mon pays sont heureux malgré la pauvreté extrême qu'ils subissent, les valeurs comme l'entraide, la solidarité et la joie de vivre, et c'est bien l'une des choses qui me plaît tant en lui.
Le jour suivant, c'était le jour ou il m'a acheté la bague de fiançailles, on a passé une matinée toute entière à chercher chez les innombrables bijoutiers du centre ville, le pauvre, il a fait preuve d'une grande patience avec moi, faut dire que je savais très bien quelle genre de bague je voulais et on a pas arrêté tant que je l'ai pas trouvé. Une fois la bague achetée on est allé manger au café de la gare, ou plutôt de l'ancienne gare. C'est un bar-resto très branché de la capitale, fréquenté uniquement par les touristes, les expatriés et la bourgeoisie Malagasy. Le soir chez papi on a regardé le feu d'artifice car le lendemain c'était le jour de la fête nationale, le 26 juin.


Le 28 on a fêté mon anniversaire, mes 26 ans exactement. Mon chéri m'a offert un ordi portable, j'étais toute contente. Papi et mamie ont invité la famille et on a mangé des pizzas, le gâteau était une forêt noire que j'avais acheté avec mon pinou le matin même. J'étais si heureuse d'être là parmi les miens, ma mère, mon frère Nick que j'adore et sa femme Bodo, mon petit frère Nomena que j'ai presque élevé, mes cousins et cousines et surtout mon pinou! Mais si ce jour étais l'un des plus heureux de ma vie, ce n'était encore rien comparé au lendemain, jour de nos fiançailles!
C'est un samedi, 29 juin 2013 que mon chéri est venu demander ma main à ma maman et mon frérot mais aussi au reste de la famille. A Madagascar c'est comme ça, toute la famille est concernée et on fait une grande fête car c'est un jour très important. Mon pinou a réussi à passer le test, faut dire qu'il a eu droit à un interrogatoire digne des plus grands romans policiers, mais tout cela c'est passé dans la joie et la bonne humeur et nous voilà donc fiancés.
Les jours suivants on les a passé à visiter d'autres coins de mon pays, on est allé dans mon village natal, qui est en pleine jungle, dans une région retirée ou aucune voiture ou tout autre véhicule peut y aller faute de route. On a donc fait le chemin à pied, trois jours de marche, mais pinou et moi aimons ça, alors, c'était plutôt une partie de plaisir. On est aussi passé voir mon père pour que je lui présente mon fiancé, il habite une autre ville, Tamatave. Il est divorcé avec ma mère quand j'étais encore une enfant et il a refait sa vie avec une autre femme. Après la bénédiction de mon père on est rentré à Tana. Les vacances de mon chéri se terminaient, il allait partir en France. J'étais comme vous pouvez l'imaginer, très triste, tous les deux on venait de vivre des moments très forts en émotion et cette certitude qu'on avais tous les deux qu'on s'aimait beaucoup, s'est renforcée avec son séjour. Il m'a fait la promesse qu'il reviendra, qu'on se mariera et qu'on allait vivre ensemble pour toujours. J'ai beaucoup pleuré après son départ, mon cœur était comme déchiré par la séparation, je ressentais un grand vide et les jours qui suivirent je suis tombée malade avec de la fièvre mais au fond de moi j'avais la certitude que c'était bien lui l'homme de ma vie, celui avec qui je voulais passer le restant de mon existence, avoir des enfants et vivre une vie pleine de bonheur!


By Ando Teixeira


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